une soirée avec EGO et ses voisins

Publié le par step

Une soirée avec Ego et ses voisins

Il est 18h, mercredi soir, une vingtaine de personnes sont présentes pour la réunion hebdomadaire. Un petit tour de table permet de connaître chacun : usagers, membres de l’association, etc. Deux jeunes sont là en observation pour monter une structure d’accueil à Etampes, dans l’Essonne. D’habitude, il y a plus de monde, mais c’est la veille d’un jour férié... et le RMI vient tout juste de tomber !
Les débats s’ouvrent sur l’incident majeur de la semaine passée : un des usagers a tenté de s’entailler les veines avec un cutter dans les locaux même de l’association. Résultat : beaucoup de sang, une soirée aux urgences pour l’intéressé et les membres d’Ego qui l’accompagnent, mais plus de peur que de mal. Usagers et membres, chacun essaie alors d’expliquer ce geste. Tous arrivent à un constat : il ne s’agissait pas d’un suicide mais d’un appel au secours.
Alors que chacun parle de l’incident, une petite fille d’une dizaine d’années entre : elle a perdu sa maman alors qu’elles faisaient ensemble les courses dans le quartier. Heureusement, une des accompagnatrices d’Ego est la voisine de la mère distraite. Un coup de fil et la famille est de nouveau réunie !
Fin de l’intermède, la réunion aborde les problèmes de voisinage : des usagers squattent régulièrement le porche de l’un des immeubles mitoyens du siège de l’association, au grand dam des habitants. Ces derniers commencent d’ailleurs à mettre en cause Ego, jugée responsable d’attirer les usagers. Malgré les interventions répétées des membres de l’association, tant auprès des crackers que des habitants, la situation semble dans l’impasse. Pour confirmer les problèmes de cohabitation, un usager signale une nouvelle pratique de certains commerçants du quartier : pour éviter les réunions sur le trottoir devant leurs boutiques, ceux-ci n’hésitent pas à graisser les poteaux, barrières et autres éléments du mobilier urbain. Difficile de proposer des solutions qui satisfassent tout le monde. Lia souligne alors qu’"il n’y a pas de réponse simple à des problèmes complexes". Mais on prévoit de nouvelles réunions avec les habitants. Et on demande aux usagers de faire passer la consigne : éviter le porche coûte que coûte !
La réunion se termine avec des nouvelles d’anciens habitués, dont Moussa, qui a enfin accepté une opération du dos. Il vivait plié en deux depuis un accident de la circulation. Aujourd’hui, il peut enfin se tenir debout, mais cela n’a pas été sans mal. En effet, la maison de repos censée l’accueillir après l’opération ne voulait pas d’usagers de drogues : pas question de risquer la présence d’un "toxico" ou de délivrer des médicaments de substitution. L’intervention d’Ego a permis de faire rentrer les choses dans l’ordre.

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